Vaccination chez les canaris

Agent pathogène

Un poxvirus est l’agent de la diphtérie aviaire qui atteint la plupart des oiseaux. La maladie de Kikuth ou encore appelé variole  est spécifique des oiseaux de volière, type canari. Elle est due à un herpes-virus, comme la laryngo-trachéite des volailles et la maladie de Marek.

infection d'un pigeon par poxvirus
Un pigeon infecté par le poxvirus.

C’est une affection virale très contagieuse chez les oiseaux, le canari est une espèce extrêmement sensible. Son incidence est forte dans les élevages de canaris et elle évolue sous forme d’épidémies à diffusion rapide. La mortalité peut parfois atteindre 100 %.

Transmission du virus

– Transmission : Les insectes piqueurs du genre Culex, Aedes, les acariens du genre Dermanyssus constituent les vecteurs préférentiels de la contamination. Les lésions traumatiques qu’ils provoquent permettent la pénétration du virus chez l’hôte. Ce virus reste assez longtemps présent dans les glandes salivaires des insectes: deux  à huit semaines, plusieurs mois voire un an pour d’autres auteurs. Le moment le plus favorable au développement de l’affection se situe après la saison de reproduction, au
moment de la mue (affaiblissement maximal des canaris). Le parasitisme, des lésions cutanées mêmes mineures provoquées par de simples érosions d’origines diverses sont des facteurs de diffusion favorables dans l’organisme contaminé.

La contamination

Il existe une possible contamination des canaris via les oiseaux sauvages (principalement les moineaux) becs à becs, par picage ou via toutes blessures de la peau et des phanères, le virus étant incapable de pénétrer un épiderme intègre. La transmission par inhalation de fientes et de poussières de plumes est peu importante, elle serait à l’origine des formes diphtériques.
La contamination est facilitée pendant des périodes de plus grande réceptivité (mue, fatigue, malnutrition, parasitisme, blessures, picage, introduction d’un nouvel oiseau).

Pathogénie

Chez le canari, l’incidence est plus forte chez les jeunes mais la maladie peut atteindre les oiseaux de tout âge.
La contamination se fait par effraction cutanée. Le virus se multiplie localement avant de gagner les organes cibles que sont le foie et la moelle osseuse par voies sanguine.
Survient une deuxième phase de réplication dans le foie et la moelle osseuse entrainant une généralisation de la maladie et l’apparition des symptômes sauf si le pouvoir pathogène du virus est faible ou la réaction immunitaire du canari forte.

LA VACCINATION

Ne pas vacciner ses oiseaux augmente considérablement le risque de voir la variole faire son apparition, le résultat c’est 95% de mortalité, mieux vaut donc prévenir que guérir. La vaccination doit être renouvelée annuellement. L’immunité acquise par les canaris dure de 3 à 6 mois suivant la vaccination.
La vaccination doit se faire avant la mue des oiseaux et dans les zones à risque, un mois avant le début de la saison des moustiques. La meilleure période pour vacciner les oiseaux se situe vers la fin du mois de juillet de façon à ce que les derniers jeunes aient entre 35 et 40 jours.
Cette opération sera effectuée en une seule fois sur la totalité des oiseaux de son élevage. En effet, ce serait prendre un risque que de placer des oiseaux vaccinés avec des sujets non vaccinés.

Le vaccin :

A ce jour, il n’existe plus de vaccin commercialisé sur le marché Français. Il y a quelques années, il existait le vaccin KANAPOX  du laboratoire MERIEUX (Laboratoire MERIAL depuis 1994).
Un autre vaccin existe chez nos voisins Belges et Hollandais, mais il n’a pas d’autorisation de vente sur le marché Français. Il s’agit du Poulvac P canary.

Vaccin disponible aux USA

Proximune-C®, Biomune, vaccin à virus vivant modifié transfixion de la membrane alaire, à partir de 4 semaines, rappel annuel sur les oiseaux de plus de 4 mois, au début de l’été (au début de l’automne pour les nichées tardives) une réaction inflammatoire sur la zone vaccinale témoigne de l’efficacité du vaccin.

Il existe un traitement buvable de nature homéopathique mais dont l’efficacité n’est absolument pas prouvée:

– Ampoules buvables de vaccinotoxinum 7 ch (1dose pour 1 litre d’eau)
– + Ampoules buvables de diphtérotoxinum 12 CH (1dose pour 1 litre d’eau)

Fabricant : Laboratoire BOIRON

Certains l’utilisent à titre préventif en février et juillet.

QUE FAIRE EN CAS D’ÉPIDÉMIE

Lorsque la maladie apparait dans un élevage non vacciné on peut tenter de protéger un certain nombre d’oiseaux en vaccinant les sujets sains. Les oiseaux atteints trouveront leur place dans un local séparé, sans aucun contact avec les autres oiseaux.
La casse sera inévitable.
En effet, parmi les oiseaux supposé sains donc ne présentant pas de signe clinique de la maladie, certains pourraient être en période d’incubation. Pour ceux là, la vaccination sera d’une totale inefficacité.

casier d'écolage pour le chant